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jeudi 22 septembre 2011

SORTIE MYCOLOGIQUE : ST-DONAT - 14 SEPTEMBRE

Bienvenue à St-Donat, royaume de l'armillaire commun ! Pour vrai, je n'ai jamais vu autant de ce champignon au même endroit. Comme je devais faire 5 km de marche en montagne dans des conditions difficiles (racines, roches, sentiers très boueux), je m'étais fixé une limite de cueillette : que des pleurotes. Heureusement, sinon j'aurais dû coucher dans le bois si j'avais décidé de cueillir des armillaires tellement il y en avait !

Une section du premier kilomètre de sentier. Plutôt encombré !


Ça vaut la peine parfois de se promener sur des sentiers encombrés, ils nous mènent à de beaux endroits !


Le sentier était divisé en trois sections : le premier tiers était un habitat humide longeant un ruisseau avec beaucoup de mousse et d'arbres de morts. Un super terrain de jeu pour les champis ! Le deuxième tiers était plus en altitude avec des caps rocheux, encore de la mousse et un mélange de jeunes feuillus et de conifères. Le dernier tiers longeait une érablière, pas nécessairement le meilleur habitat à champis mais j'ai quand même pu observer quelques espèces intéressantes, ne serait-ce que par leur nombre astronomique !

Les armillaires communs (souvent appelés à tort "armillaires couleur de miel") sont des "tueurs d'arbres" qui poussent en grandes colonies sur des arbres encore vivants.


Quand vous cueillez des armillaires communs, recherchez les spécimens encore en boutons, comme ceux-ci, et ne cueillez que le chapeau. Attention à bien les cuire, la chair contient une toxine qui affectent certaines personnes si la cuisson n'est pas adéquate !


Les lactaires couleur de suie étaient très présents sur le site, poussant parfois même en touffes de quelques individus. J'en ai même trouvé un en forme de coeur !


Les premiers pleurotes qui ont croisé mon chemin : le pleurote tesselé. Il a servi à cuisiner mon souper !


Le pleurote étalé a aussi servi à confectionner mon souper ! Il était d'ailleurs présent en plus grand nombre.


Trio de bolets blancs de neige. La plupart des champis que j'ai rencontrés poussaient "en gang" !


Une jolie amanite fauve


La très dangereuse et mortelle amanite vireuse


Une belle bande de mycènes


Les omphales poussent en grandes colonies. Pour distinguer les omphales en clochette des omphales de Kauffman, il faut connaître la nature du bois sur lequel elles poussent.


Des champis inconnus, parce qu'il en faut bien au moins une espèce par billet !!


De vieilles pholiotes squarreuses ratatinées !


C'était la première fois que je voyais une talle d'entolomes abortifs. On dirait du styromousse qu'on utilise pour garnir les colis fragiles... ! Ou encore un isolant pour les murs ! C'est un champignon comestible que je n'ai jamais goûté. Si j'avais voulu en cueillir, j'aurais pu en offrir à tout mon entourage tellement il y en avait !


Un autre champi qui pousse en quantité : la pézize orangée. Elle recouvre littéralement les chemins sablonneux, notamment dans les érablières. Je vous mets au défi de jouer à ne pas marcher sur les pézizes si vous allez sur ce sentier... Impossible ! C'est un comestible mais à la chair si mince et de si petite taille qu'il faut s'armer de patience si on veut en cueillir pour la peine.

mardi 20 septembre 2011

SORTIE MYCOLOGIQUE : ST-ALPHONSE-RODRIGUEZ - 11 SEPTEMBRE

Lors d'une sortie avec le cercle des mycologues de Montréal, nous sommes allés à St-Alphonse-Rodriguez, juste à côté de chez moi. J'ai appris récemment qu'un ours habite le boisé où nous faisons la cueillette (d'ailleurs, une personne du groupe l'a aperçu !) mais je ne savais pas qu'il y avait aussi des lynx ! Je suis partie seule sur un sentier que je n'avais pas encore exploré. Je marchais tranquillement en cherchant des champignons et tout à coup, il y a eu une odeur de pipi de chat (une odeur que je connais bien avec ma meute de félins à la maison !). Je me dit que c'est peut-être du pipi d'ours, qui sait ? Je continue sur le sentier et l'odeur revient à un autre endroit. Puis, je lève les yeux et je vois une tache grise plus haut sur le sentier. Je me dis que ça doit être un buisson ou une roche. J'ai alors remarqué que les oiseaux et les écureuils lançaient des cris d'alerte dans ce secteur... et que la "roche" avançait lentement pour embusquer sa proie (qui n'était pas moi !). Disons que j'ai tourné le dos et que je suis partie d'un bon pas explorer un autre secteur du boisé !

Côté champignons, ce n'était pas exceptionnel. Je n'ai rien ramené de comestible, la plupart des spécimens étaient vieux ou inintéressants. J'ai toujours réussi à faire quelques clichés intéressants.

Le pleurote tesselé, comestible, qu'on reconnaît à ses taches d'eau sur le chapeau.


Le coprin noir d'encre est un comestible lorsqu'il est cueilli jeune (ces spécimens-ci sont beaucoup trop vieux) mais il faut éviter de consommer de l'alcool deux à trois jours avant et après avoir mangé ce champignon. À vous de choisir ce que vous préférez !


Ce petit champignon au look de méduse est un coprin plissé (Parasola plicatilis). C'est un champignon à chair mince, presque transparente, et très éphémère.


Le bolet peint, un classique. Ici, deux spécimens : un jeune et un vieux.


Un vieux bolet frisé !


Une variété automnale de gyromitre


Un inocybe. Je ne pourrais dire lequel, mais peu importe, ils sont généralement toxiques.


L'hygrophore conique (Hygrocybe conica), un comestible sans intérêt.


Une lépiote, probablement toxique


Probablement un myxomycète, je ne saurais dire lequel. Peut-être une trichie ?


Le cordyceps militaire a une forme bien particulière de spatule ou de massue. Il pousse sur des larves de papillons.


La pézize orangée, un comestible, pousse en grand nombre sur les chemins sablonneux, dans les érablières entre autres.


La clavaire couronnée ressemble à un corail.


Il existe plusieurs espèces de tricholomes dans les tons de jaune.


Et on termine sur un champignon non identifié mais bien joli !

dimanche 13 mars 2011

LES PLEUROTES

Les pleurotes sont des champignons bien connus du grand public. On les trouve non seulement en forêt, mais aussi en épicerie car ils font l'objet de culture commerciale. Le plus fidèle représentant de l'espèce est certainement le pleurote en huître, Pleurotus ostreatus. À mon avis, les pleurotes sont parmi les meilleurs champignons sauvages comestibles et se classent facilement dans mon top 3.

Les pleurotes en huître sont probablement les pleurotes comestibles qu'on rencontre le plus couramment. On les reconnaît facilement à leur odeur d'anis. Ceux-ci étaient infestés d'insectes qui voulaient les dévorer... mais c'est moi qui ai gagné cette fois-là !

Les pleurotes sont distribués dans deux familles distinctes, soient les Pleurotacées (genre Pleurotus) et les Tricholomatacées, une famille très variée (genres Hypsizygus, Sarcomyxa et Pleurocybella, entre autres).

Les pleurotes étalés, Pleurocybella porrigens, ou encore Angel's wings en anglais, sont faciles à reconnaître par leur blancheur éclatante, leur petite taille et leur délicatesse.

Le pleurote tardif, Sarcomyxa serotina, pousse tard à l'automne. Il se reconnaît à ses lames jaunâtres et son chapeau olive collant. Il est comestible à condition de gratter la pellicule qui recouvre le chapeau.

On reconnaît les pleurotes au fait qu'ils poussent sur les arbres et qu'ils ont la plupart du temps un pied excentré, souvent court, parfois inexistant. Ils possèdent souvent des lames décurrentes, c'est-à-dire qu'elles descendent sur le pied. Ils poussent généralement en touffes. On retrouve des pleurotes du printemps jusqu'à tard en automne, mais toutes les espèces ne sont pas comestibles. Toutefois, aucune n'est toxique ni dangereuse.

Le pleurote tesselé, Hypsizygus tessulatus, se reconnaît facilement à ses taches d'eau qui ornent le chapeau. C'est un bon comestible qu'on retrouve en automne.

Soyez aux aguets, si vous détectez une odeur d'anis dans la forêt, vous êtes peut-être près d'une belle talle de pleurotes. Si vous connaissez des endroits où poussent les pleurotes, pensez à vous munir d'un très grand panier et d'un long bâton au moment de la cueillette. En effet, on trouve souvent des pleurotes en hauteur et la cueillette peut être très fructueuse car ils poussent souvent en grand nombre !

En matière de mycologie, tout est une question de timing ! Arrivée quelques jours plus tôt, j'aurais pu faire une excellente récolte. Malheureusement, les pleurotes étaient vieux et infestés d'insectes au moment où je suis passée.

samedi 16 octobre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : 9 OCTOBRE 2010 - ST-EUGÈNE-DE-GUIGUES

En visite chez des amis au Témiscamingue, nous en avons profité pour faire quelques sorties en forêt question de trouver des champignons pour faire une sauce qui accompagnerait l'outarde que nous n'avons jamais tuée... ! Étant donné le gel au sol qui a eu lieu la nuit précédente et durant la semaine d'avant, nous avons quand même réussi à observer plusieurs espèces et à faire une cueillette décente... ou du moins suffisante pour faire une sauce !

L'hygrophore pudibond (Hygrophorus pudorinus) poussait en très grande quantité, parfois plusieurs dizaines ou même une centaine dans le même secteur. On le reconnait à son chapeau d'un rose très pâle et à ses lames épaisses et très espacées. Nous n'en avons pas cueilli car je doutais de sa comestibilité.


L'armillaire commun (Armillaria ostoyae) était au rendez-vous. On le retrouve en grande quantité en fin de saison et on le reconnaît à son chapeau garni de petites écailles brunes et à son anneau cotonneux. On ne cueille que les chapeaux des jeunes spécimens (à peine ouverts) et on doit bien les cuire pour éliminer les toxines qu'ils contiennent.


Ces pleurotes tesselés (Hypsizygus tessulatus) ont été difficiles à identifier puisque c'était la première fois que je les rencontrais et je n'avais pas amené mon livre d'identification, sans compter qu'ils ont un nom très variable selon les sources ! On les reconnait au motif de gouttes d'eau sur le chapeau et par le fait qu'ils poussent sur le bois de feuillus. Ils sont de comestibilité inconnue selon McNeil, mais bon comestible selon MycoQuébec. Ils étaient effectivement délicieux.