dimanche 7 novembre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : NOTRE-DAME-DES-PRAIRIES - 6 NOVEMBRE 2010

Quelle belle surprise que d'avoir observé autant de champignons à ce temps-ci de l'année ! Cette promenade dans le bois n'était pas dans le but de faire une sortie mycologique mais il semblerait que plusieurs espèces ont survécu aux dernières semaines malgré le gel. Les trémelles étaient particulièrement présentes. C'est fait fort ces petites choses ! Ce sont les premières à se pointer le bout du nez au printemps et probablement les dernières à se mettre en hibernation.

Les pézizes cupulées sont une des rares espèces poussant en automne et en hiver, selon McNeil.


Ces pleurotes auraient été délicieux... s'ils avaient été découverts avant le gel !


L'irpex laiteux est un polypore très commun qui peut couvrir de grandes surfaces sur les feuillus. Il survit même à l'hiver.


La calycelle citrine est un champignon d'automne très répandu qui pousse rapidement mais gèle facilement.


Plusieurs bouleaux de cette forêt étaient complètement couverts de polypores du bouleau.


Ce champignon semble avoir gelé puis s'être séparé en quatre, tel un trèfle à quatre feuilles.


La trémelle mésentérique se distingue de la trémelle palmée par sa couleur plus jaune et son aspect "soufflé". Celles-ci étaient de bonne taille, faisant près de 3 cm chacune.


La trémelle palmée recouvrait presque entièrement le tronc de certains conifères, donnant ainsi un spectacle très impressionnant et coloré.

dimanche 31 octobre 2010

SAISON MYCOLOGIQUE 2010 - RÉCAPITULATION

La saison mycologique 2010 était ma première vraie saison de cueillette gastronomique. L'an dernier, je m'étais surtout attardée à apprendre à reconnaître les différents groupes ou espèces de champignons mais une fois les bases maîtrisées, j'ai enfin pu me lancer dans la vraie de vraie cueillette. Je dois même avouer qu'à la fin de la saison, je n'en pouvais plus des champignons. Je voulais les photographier mais plus les manger ! Il faut dire qu'on a fait plusieurs grosses cueillettes. Le garde-manger est bien plein. Voici donc une petite récapitulation.

7 avril, St-Paulin. Observation de mon premier champignon frais de la saison : une trémelle palmée juchée sur un pin sur le site du Baluchon.

8 mai, Contrecoeur. Première sortie avec les mycologues. Je cueille ma première morille. Elle sera accompagnée d'une deuxième morille à Laval quelques jours plus tard, mais ça s'arrête pas mal là. La saison des morilles n'a pas été bonne du tout cette année étant donné le manque de pluie en mai.

25 mai, St-Liguori. La première vraie cueillette digne de ce nom de la saison. Je tombe par hasard sur une superbe talle de jeunes polypores écailleux. Heureusement qu'en bonne mycologue, j'ai toujours des sacs de papier avec moi ! Hop, je remplis un sac en deux temps trois mouvements et je fais des conserves jusqu'à 23h... un soir de semaine !

22 juillet, St-Jérôme. Première belle cueillette de chanterelles. On les cuisine en brie fondant, un pur délice ! Certaines personnes ont dit que l'année 2010 était exceptionnelle pour les chanterelles, d'autres qu'elle était exceptionnellement mauvaise. Je ne sais pas combien on est supposés pouvoir en cueillir dans une saison, mais nous en avons eu plus que pour notre argent.

31 juillet, Ste-Ursule. Mon premier cèpe... et mes premières piqûres de guêpes ! Oui, c'est ce jour là que nous avons marché dans un nid de guêpes. La mycologie, des heures de plaisir et des aventures garanties !

10 août 2010, Mégantic. On campe au beau milieu du paradis du lactaire saumoné et de la chanterelle en tube. Dommage qu'on soit juste un peu trop tôt, les chanterelles sont encore très jeunes. Qu'à cela ne tienne, on remplit quand même notre panier, on ne refera certainement pas 4h d'auto pour aller chercher des chanterelles dans une semaine !

Août, Notre-Dame-de-la-Merci. Énorme cueillette de dermatose de la russule (lobster). Le panier n'était pas assez grand, il a fallu se remplir les poches de manteau. La plupart des champignons ont été séchés. Nous en avons gardé un gros pour faire une sauce crème-dijon-lobster pour accompagner un filet de porc. Délicieux !

Fin août. Canicule. Dommage, la saison allait plutôt bien. Les champignons n'ont pas survécu à cette vague de chaleur et il faudra attendre un bon 2 semaines avant de refaire des cueillettes dignes de ce nom.

10 septembre, Prévost. On tombe par hasard sur une superbe talle de pleurotes en forme d'huîtres blancs, jeunes, parfaits. Je découvre que le pleurote est un de mes champignons préférés.

26 septembre, Rawdon et 27 septembre, Chertsey. Fin de semaine parfaite pour la cueillette. Les bolets coulent à flot, si cela se peut. On revient avec plusieurs kilos de champignons. Heureusement qu'on a acheté une déshydrateuse cet été !

10 octobre, St-Eugène-de-Guigues. Visite au Témiscamingue. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'endroit est propice aux champignons ! Par contre, on est un peu tard. Idéalement, il faudrait plutôt y aller fin septembre pour éviter le gel.

16 octobre. Cueillette de deux beaux matsutakes lors de la dernière cueillette de la saison. Le froid arrive rapidement et les champignons aperçus au-delà de cette date sont gelés.

30 octobre, Montréal. Je passe au kiosque de champignons sauvages du marché Jean-Talon juste pour voir combien ça se vend. Wow, 10$ le 100g pour des matsutakes frais ? Qui achète ça à ce prix là ? Comme dirait mon amie Mylène, si des voleurs rentrent chez nous, ils vont partir avec le stock de champis... Ya une fortune là-dedans !

mardi 19 octobre 2010

MATSUTAKE À L'ASIATIQUE

Nous avons eu la chance de trouver deux beaux matsutake, un champignon rare et très prisé par les japonais. C'est aussi un champignon particulièrement intéressant. À la cuisson, il dégage un arôme épicée et est bien ferme sous la dent. Pas étonnant que nos amis orientaux les recherchent tant !

Ce champignon peut être difficile à repérer car il a un très long pied souterrain et seulement une boule blanche qui sort du sol lorsqu'il est jeune. Il est souvent très sale (c'était le cas des miens !) et demande un nettoyage méticuleux pour bien retirer toute la terre qui le recouvre. Ne dédaignez surtout pas le pied qui est délicieux quoique filamenteux. On peut d'ailleurs le servir en effiloché.

Pour la cuisson, j'ai opté pour quelque chose de tout simple et d'inspiration asiatique. Je dois toutefois avouer que j'aurais préféré une version salée au lieu de la version sucrée. Mais je ne vais quand même pas me plaindre... ça reste un excellent champignon !

Matasutakes
Huile d'olive
Sauce soya
Sirop d'érable
Graines de sésame grillées

Trancher les champignons sur la longueur. Cuire dans une poêle à sec, jusqu'à ce qu'ils aient dégagé toute leur eau et qu'ils commencent à dorer. Arroser d'un peu d'huile et sauter pendant 1 minute. Incorporer une petite quantité de sirop d'érable et de sauce soya (environ moitié moitié) et faire revenir rapidement.

Servir et saupoudrer de graines de sésame.

samedi 16 octobre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : 9 OCTOBRE 2010 - ST-EUGÈNE-DE-GUIGUES

En visite chez des amis au Témiscamingue, nous en avons profité pour faire quelques sorties en forêt question de trouver des champignons pour faire une sauce qui accompagnerait l'outarde que nous n'avons jamais tuée... ! Étant donné le gel au sol qui a eu lieu la nuit précédente et durant la semaine d'avant, nous avons quand même réussi à observer plusieurs espèces et à faire une cueillette décente... ou du moins suffisante pour faire une sauce !

L'hygrophore pudibond (Hygrophorus pudorinus) poussait en très grande quantité, parfois plusieurs dizaines ou même une centaine dans le même secteur. On le reconnait à son chapeau d'un rose très pâle et à ses lames épaisses et très espacées. Nous n'en avons pas cueilli car je doutais de sa comestibilité.


L'armillaire commun (Armillaria ostoyae) était au rendez-vous. On le retrouve en grande quantité en fin de saison et on le reconnaît à son chapeau garni de petites écailles brunes et à son anneau cotonneux. On ne cueille que les chapeaux des jeunes spécimens (à peine ouverts) et on doit bien les cuire pour éliminer les toxines qu'ils contiennent.


Ces pleurotes à long pied (Hypsizygus tessulatus) ont été difficiles à identifier puisque c'était la première fois que je les rencontrais et je n'avais pas amené mon livre d'identification, sans compter qu'ils ont un nom très variable selon les sources ! On les reconnait au motif de gouttes d'eau sur le chapeau et par le fait qu'ils poussent sur le bois de feuillus. Ils sont de comestibilité inconnue selon McNeil, mais bon comestible selon MycoQuébec. Ils étaient effectivement délicieux.

mardi 5 octobre 2010

ARRÊT ÉCLAIR EN ESTRIE - 2 OCTOBRE 2010

Lors d'un rallye en Montérégie/Estrie, j'ai eu la chance d'observer de superbes talles de champignons. Évidemment, ceux-ci étaient près de la route et j'ai dû arrêter en catastrophe à plusieurs reprises en criant "CHAMPIS !!!". Heureusement qu'on n'était pas notées sur le temps pris pour faire le rallye !

Environ le tiers de la talle observée. Ces amanites sont TOUTES parfaites !


Voyez le chapeau caractéristique de l'amanite tue-mouche avec ses flocons et sa belle couleur jaune et orangée


La talle était située en-dessous d'un beau grand pin blanc


Les coprins chevelus étaient bons deuxièmes. On les retrouvaient sur les terrains gazonnés comme les parcs et les cimetières. C'est le seul coprin qu'on peut consommer avec de l'alcool. On choisit les spécimens jeunes dont les lames sont encore blanches.

mardi 28 septembre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : 26 SEPTEMBRE 2010 - CHERTSEY

Il était une fois au royaume des Suillus une mycologue amateure très heureuse. L'automne venu, les bolets poussaient en quantité astronomique si on savait où les chercher. Et Chertsey est un excellent point de départ.

Après la cueillette de cèpes de gros calibre de la veille à Rawdon, j'ai su qu'il était temps d'aller faire un tour à Chertsey malgré le temps froid et la pluie qui a commencé à tomber, heureusement, à la toute fin de la cueillette. La cueillette de bolets a été tout simplement astronomique. Ça c'est le bon côté. Le mauvais côté : la plupart des espèces de genre Suillus doivent être pelées avant consommation. C'est là que le travail commence... Une espèce fait exception au genre : le bolet à pied creux (Suillus cavipes) que nous avons ramené en très grande quantité.

Talle de bolets à pied creux (Suillus cavipes) et vue rapprochée. Assurez-vous de les cueillir très jeunes, à peine ouverts, de la taille d'un 25 cents ou d'un dollar. Plus gros, ils seront généralement mangés par les vers.


Les bolets élégants (Suillus grevillei) poussent en grande quantité au pied des mélèzes, souvent en arc de cercle. Ils sont comestibles à condition de peler leur cuticule (peau qui recouvre le chapeau). Je n'ai pas la patience de faire cela. En plus, ils ont un chapeau gluant. Très gluant. On dirait un mauvais rhume...

À notre plus grande surprise, nous sommes tombés sur un champ de Leccinum !


Le clavaire petite langue (Clavariadelphus ligula) était présent en grandes colonies


On voit bien ici la variabilité de couleur de la tramète versicolore


Ceci représente environ le 2/3 de la récolte de la journée. Elle se compose de bolets élégants, à pied creux, granulés, blancs de neige, rugueux (Suillus grevillei, cavipes, granulatus ; Leccinum holopous, scabrum), de vesses-de-loup piriformes et perlées, de pleurotes étalés et de pieds de mouton.


Une petite poignée de pleurotes étalés...


... et une petite poignée de pieds de mouton !

lundi 27 septembre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : 25 SEPTEMBRE 2010 - RAWDON

Enfin, la pluie et le temps frais ont permis le retour des champignons ! Et c'est tout un retour en force d'ailleurs. En cinq minutes, mon panier était plein tellement les cèpes étaient gros. Voyez par vous-mêmes ! Non, ce n'est pas un effet visuel... ce cèpe était vraiment plus gros que ma tête !


Un autre cèpe, beaucoup plus petit mais de bonne taille quand même


Un cystoderme qui ressemble à un petit soleil

Une belle grosse vesse-de-loup perlée bien dodue !

La mitrule irrégulière (Neolecta irregularis), un champignon courant à ce temps-ci de l'année


Les petits marasmes poussaient en quantité


Un joli coprin qui profite du soleil d'automne


On dirait que ces champignons ont poussé par un jour de grand vent !


Entolome ? Hygrophore ? Dans tous les cas, il est de circonstance avec ses couleurs d'Halloween !


Et pour terminer, des champignons qui me font beaucoup rire ! Je vous laisse deviner la ressemblance vous-mêmes...

dimanche 19 septembre 2010

SORTIE MYCOLOGIQUE : 18 SEPTEMBRE 2010 - ST-DAMIEN-DE-BRANDON

Lors d'une visite à la ferme Aux Jardins de la Bergère, j'en ai profité pour visiter le boisé derrière les champs. Au départ, il y a une petite pente et que des jeunes érables des deux côtés. Les érables et les champignons n'étant pas de très bons amis, j'ai été heureuse de constater la présence d'une sapinière âgée un peu plus loin. Je m'y suis précipitée et pour mon plus grand bonheur, le sol y était pratiquement tapissé de champignons ! Il ne restait qu'à différencier le comestible du reste, ce qui n'est pas toujours évident.

La Bisporella citrina était fidèle au rendez-vous. À ce temps-ci de l'année, elle couvre le maximum de superficie sur toutes les souches qu'elle peut trouver !


Sur une même souche, j'ai découvert deux types de trémelles. La trémelle foliacée (rouge) et la trémelle cérébriforme (blanchâtre).


Le clitocybe à pied renflé poussait en grand nombre. On le reconnaît à son chapeau brun grisâtre, ses lames qui descendent bas sur le pied, son pied large à la base et son odeur fruitée. C'est un comestible réputé médiocre qu'il faut éviter de consommer avec de l'alcool.


Mes premiers tricholomes équestres ! Faciles à reconnaître avec leur chapeau et leurs lames jaunes et réputés excellents comestibles.


Cette vesse-de-loup marginée ressemble à un petit hérisson.


Comme toujours, il reste des espèces que je n'ai pas pu identifer...